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L’IMPRESSION TISSU
Dans la création d’un imprimé c’est le dessin qui joue le rôle essentiel :
  • son élégance,
  • sa nouveauté (souvent relative), reflet des goûts du moment,
  • son âme.

Au tout début de cette aventure, qu’est l’impression textile, on utilise des toiles à défaut, tissus de second choix. Le dessin couvre les défauts en prenant de la vie.

NAISSANCE DE L’IMPRESSION SUR ÉTOFFES
En France, dès la fin du XVIè siècle, les navires reviennent des Indes chargés d’épices et d’étoffes de coton aux coloris chatoyants. Ces étoffes de coton ont tout de suite un très grand succès. Elles sont légères et colorées. De plus on peut les laver sans entamer leur beauté : c’est la mode des “ indiennes ”.

  • Au début on les fait réaliser aux Indes, mais très vite on essaie de les imiter en Europe (1648, ouverture du premier atelier à Marseille, en 1676 en Angleterre, en 1678 la première manufacture à Amersfoot aux Pays-Bas, puis l’Allemagne en 1686, puis en Suisse en 1687).
  • En France, les imprimés concurrencent la soie et la laine. C’est la récession économique de 1660 à 1685 : Louis XIV prend un arrêt de prohibition le 26 Octobre 1686 :
    • “les grandes quantités de toiles de coton peintes aux Indes ou contrefaites dans le royaume ont donné lieu au transport de plusieurs millions hors du royaume, mais encore causé la diminution des manufactures établies de longtemps en France pour les étoffes de soie, laine, lin et chanvre, et en même temps provoqué la ruine et le désertion des ouvriers... du jour de la publication du présent arrêt toutes les fabriques établies dans le royaume pour peindre les toiles de coton blanches cesseront et les moules servant à l’impression d’icelles seront rompues et brisées...”

À partir de ce moment il est interdit d’imprimer des toiles, de graver des planches, d’acheter ou de vendre ces toiles peintes. Près de 80 arrêts après, pris en 75 ans, la mode “interdite ” prospère de plus belle, la contrebande plus effrénée, l’usage des toiles peintes est générale dès le XVIIIè siècle. La liberté est rendue en 1759, l’abolition levée, les manufacture s’installent officiellement, Jouy ouvre ses portes cette même année.

Alors que la prohibition sévit en France ( 1656/1759), l’impression des indiennes se développe aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse. Très vite c’est Mulhouse, minuscule cité indépendante, alliée aux cantons suisses, mais enclavée dans le royaume, en Alsace, que dès 1746 débute une petite manufacture d’indiennes. Le succès est immédiat, au bout d’une douzaine d’années, quinze indiennages fonctionnent entraînant dans leurs réussites la création de filatures et de tissages de Coton. En 1798 Mulhouse devient française.

D’autres manufactures subsistent pendant la prohibition.

  • Nantes à le privilège de pouvoir entreposer des toiles venant d’Angleterre, de Hollande ou de Suisse. Ces toiles servent au commerce avec les colonies et la traite des Noirs. Dès 1758 des ressortissants de ces pays s’y installent. On y compte en 1789, pas moins de neuf manufactures.
  • Rouen est un centre textile très ancien, on y imprime sur laine en couleur d’application bien avant 1759. En 1786 on y compte douze manufactures et plus d’une quinzaine dans sa région.
  • Le Midi avec Marseille et Aix reste le berceau de l’indiennage. Une manufacture à Orange reste dans les mémoires pour ses toiles de belle qualité.
  • D’autres villes comme Bordeaux, Angers, Bourges, Montpellier ou Lyon abritent d’autres manufactures

LES TECHNIQUES ARTISANALES
L’Indienne :

  • Tout d’abord la toile est blanchie,
  • Préparation avec un astringent végétal selon le coloris à obtenir, puis une matière grasse qui évite l’étalement de la couleur sur la fibre,
  • Elle est peinte de “couleurs” ou plutôt des mordants posés sur la toile soit au pinceau, soit à la planche, en suivant le tracé d’un dessin obtenu en ponçant avec du charbon de bois, une feuille de papier percée d’une succession de petits trous,
  • L’indigo est obtenu par immersion de la toile dans des bains.
  • Les endroits qui restent blancs sont protégés ou “ réservés” par une couche de cire. On trace également le dessin dans la cire, le mordant ne prend qu’aux endroits non protégés

Ce procédé se perd dans la nuit des temps, Pline l’Ancien (23/79) le décrit déjà succinctement comme étant en usage en Égypte, connu aux Indes plusieurs siècles plus tôt.

On peut rattacher à cette technique qui en est la forme la plus élaborée de coloration partielle des étoffes d’autres techniques comme les “ LIGATURES ”, le “ BATIK ”, le “ TAPAS ” (intissé). Ce sont des techniques de type artisanales toujours pratiquées.

LES TECHNIQUES INDUSTRIELLES
Depuis le Moyen-Age, l’Europe connaît l’impression des couleurs d’application. Le procédé de l’indienne, très utilisé au XVIIIè siècle est à l’origine des techniques industrielles.

  • L’impression à la planche, (bois gravé en relief) est utilisée dès le Vè siècle en Orient et en Extrême Orient. Elle permet d’imprimer autant de couleurs que l’on souhaite, avec des coloris vifs et profonds pour une impression vivante. Seul son coût élevé, sa lenteur d’exécution, son besoin de main-d’œuvre qualifiée, la limite et entraînent sa quasi disparition. Une toile de Jouy, “ les travaux de la manufacture ”, décrit cette technique de façon illustrée.
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    • des planches ou “moules”, en poirier, d’environ 5 cm d’épaisseur, gravées en relief.
    • une table de plusieurs dizaines de mètres, avec tissu blanc tendu et épinglé, deux rails de part et d’autre, permettent le déplacement d’un chariot de couleur.
    • l’imprimeur se déplace le long de la table. Le repèrage des planches se fait grâce à des picots posés aux angles du moule, dès que le motif est en place on facilite la pénétrations des couleurs par un coup de maillet. On parcourt toute la table avec une couleur avant de reporter la suivante (plus tard la planche de bois sera remplacée par la planche de cuivre gravée en creux. La planche de cuivre réclame une presse de taille douce).
  • Le rouleau (fin XVIIIè ) remplace la planche par report de la gravure sur une surface cylindrique. L’impression dès lors se trouve mécanisée.
    • la machine comporte un rouleau central de grand diamètre : le “presseur” , autour duquel sont les rouleaux gravés. Ils sont eux-mêmes alimentés par un rouleau fournisseur, tournant dans un bac à couleur. Une lame d’acier, racle et élimine le surplus de colorant.
    • le tissu à imprimer passe entre le presseur et les cylindres imprimeurs et reçoit ainsi les différentes couleurs nécessaires. (Production journalière de 5 à 20.000 mètres : trente fois plus qu’à la planche.).
  • Le pochoir et cadre rotatif, (début XXè), c’est un pochoir tendu d’un fin tissu, ce qui permet de limiter la couleur déposée sur le tissu à imprimer.
    • cadre léger tendu d’unefine gaze enduite d’un vernis là où la couleur ne doit pas impégner le tissu.
    • impression sur une table,
    • avec une racle, la couleur, accumulée à l’une des extrémités du cadre, est tirée à l’autre extrémité, traversant les mailles ouvertes de la gaze.

      Le cadre à main décrit ci-dessus, est une technique réservée aux tissus de luxe. Le système mécanisé fournit l’essentiel de la production à raison de 2 à 5.000 mètres par jour.

      Ces dernières années on est passé au cadre rotatif :
    • le tissu est fixé sur un tapis sans fin,
    • les cadres sont devenus cylindriques et sont en nickel perforé,
    • une racle intérieure répartit la couleur injectée par une pompe selon les motifs.

      Ainsi on atteint une production allant jusqu’à 10.000 mètres par jour.
  • Le transfert, technique née en France, il y a à peine quelques dizaines d’années, se développe rapidement à l’heure actuelle à travers le monde entier.
    • impression d’un support papier avec des colorants sublimables à hautes températures sur un support synthétique.
      L’utilisation de supports en polyester en limite encore l’utilisation.

      Des études et essais sont faits pour des supports en coton ou encore des supports en soie. Ceux-ci sont, pour l’instant, toujours insatisfaisant du fait même de la haute qualité de report recherchée.
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L’IMPRESSION PAPIER
Dans la création d’un papier peint, comme dans l’impression sur étoffes, c’est aussi le dessin qui joue le rôle prépondérant :
  • son élégance,
  • sa nouveauté (souvent relative), reflet des goûts du moment,
  • son âme.

NAISSANCE DE L’IMPRESSION POUR PAPIER PEINT
C’est à la fin du XVIIIè siècle que le papier peint atteint son âge adulte et tend à remplacer sur les murs les autres revêtements.

Au cours du siècle, la Chine et le Japon fournissent des papiers peints à la main. C’est alors que parallèlement naît une industrie nationale dont l’essor devient extraordinaire dans le dernier quart du XVIIIè. Initialement ce sont des “ dominotiers ” (imprimeurs de cartes à jouer) qui en assument la fabrication. Très vite la spécialisation va exister et entrainer le marché.

À Paris de 1765 à 1789, Révillon domine par la qualité technisue et esthétique de sa production. Le papier peint se présente alors sous forme de rouleau de format standard de 10,40m par 0,49m de large.

Un motif de rapport variable s’y répète, tout comme pour le tissu. Les manufactures produisent aussi des sujets de taille variable : paysages, scènes de genre, arabesques, bouquets... destinés à des panneaux muraux, des dessus de porte ou des écrans de cheminée. Généralement des bordures ou frises, encadrent les motifs.

Les manufactures de papier peint travaillent quasiment comme les manufactures d’impression sur étoffes avec les mêmes matériels, hormis le fait que le report se fait sur papier blanc “ rabouté ” au début, papier continu par la suite.
Au début on utilise un papier blanc de bonne qualité. Il est soigneusement rogné, chaque rouleau est composé de 24 feuilles collées bout à bout (papier rabouté).
La manufacture Jean ZUBER & Cie de Rixheim en Alsace est le premier fabricant français à mettre au point le papier continu dans sa papeterie de Roppentzwiller en 1830.

  • le papier est foncé avec des brosse rondes à longs poils,
  • on passe rapidement une couleur diluée dans une colle liquide sur toute la surface du papier. Une fois sec, le fond est lissé ou satiné avec du talc fin passé à la brosse dure pour un aspect légèrement brillant
  • on imprime à la planche de bois en relief, comme pour les indiennes. Généralement les planches sont de plus grande taille, de la largeur du papier et de format carré.
  • l’imprimeur opère sur une table de 2m le long de laquelle on fait avancer le rouleau de papier. Il imprime une seule couleur à la fois avec la planche adéquate imprégnée de couleur. Un levier sert à faire pression sur la planche pour faciliter l’impression.

L’impression à la main donne une légère vibration de couleur et de matière, accentuée par l’épaisseur de la couleur ce qu’ignore la trop parfaite impression mécanique.

Les machines sont sensiblement équivalentes, seules les procédés diffèrent du fait du support, et les types de papiers utilisés.

En matière de création, on croise, on supperpose des techniques différentes, ce qui conduit à des modifications de trains de machine