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LA TEINTURE VÉGÉTALE
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HISTOiRE DE LA COULEUR ET DES COLORANTS
Depuis la nuits des temps la couleur a fasciné l’homme. Les premières substances colorées qu’il utilise avec succès sont essentiellement constituées de charbon de bois ou de terres argileuses, dénommée aujourd’hui les «ocres». L’homme les utilise pour s’en enduire le corps, se peindre ou également en protection sur la peau sous certains cieux. Les traces dont nous sommes sûrs, demeure les compositions pariétales de grottes comme Lascaux ou Altamira, vers 13000 av. J.-C., à partir d’oxydes minéraux à base de fer ou de manganèse contenu dans les terres.

La science de la chromothérapie est aussi une très ancienne technique thérapeutique énergétique utilisant les propriétés des couleurs. Dès les anciennes civilisations nous en avons la trace, c’est plus récent : dans l’antiquité Grecs, Romains, Egyptiens, Indiens, Tibétains, Chinois, Amérindiens se soignent et traitent certains symptomes par les couleurs, par l'énergie qu’elles diffusent.

Les Amérindiens appellent les couleurs «la médecine de l'arc en ciel» elles sont présentes dans les rituels, les talismans et les prières. Ce «pouvoir-médecine» des couleurs représente la capacité à utiliser de façon curative, pour le corps et l'esprit, les forces énergétiques de la nature. Pour les bouddhistes les couleurs sont reconnus comme des fenêtres à travers lesquelles on voit la nature essentielle de l’être. Le Feng Shui attire l'attention sur la couleur des vêtements, des tapisseries, des bijoux, des pierres précieuses (voir la fiche). Les Egyptiens construisent des temples ou les chromothérapies avaient lieu.

De manière générale pour les attributs des fonctions des couleurs il est plus facile de se reporter aux 7 centres énergétiques situés le long de la colonne vertébrale, cette connaissance vient d’Inde et est utilisé par ceux ont une pratique du yoga , ainsi que par la médecine aryuvédique. Avec la connaissance de l'influence des vibrations colorés (effets négatifs ou positifs) on peut choisir soigneusement la couleur des étoffes en fonction de nos besoins, principe de la chromothérapie.

L'Indigo : aide à comprendre intuitivement beaucoup de choses. Celui qui rejette cette couleur manque souvent d'entrain. Il peut aider à prendre ses responsabilités.
Le Violet : c’est s’ouvrir à la spiritualité, intérioriser d'avantage. On utilisera le violet si pour le respect de sa vie intérieure, si l’on a une dévalorisation de soi même.
Le Bleu : pour être détendu on le préfèrera pâle, pour se destresser, pour se donner la capacité de s’exprimer pleinement, pour aider à écouter les autres et devenir patient, pour avoir confiance en ses talents. Face aux autres, la crainte d’être mal à l'aise ou des jugement, porte volontier du bleu.
Le Vert : aidera à être dénués de conflits et de doutes, à aimer l'amour pour l'amour, la joie pour la joie, à donner sans attendre de retour, à apprendre tout faire avec le cœur. Le vert aide à être lucide et permet de franchir les aléas de la vie. Le vert calme et apaise la surexcitation.
Le Jaune : est bon pour le psychisme. Le jaune détend, égaie, tranquilise et aide à maîtriser les pulsions. L’onde vibratoire du jaune aide à la concentration. Sur le plan physique elle oriente la digestion. Dans la médecine chinoise le jaune est associé à l’estomac et à la rate.
L’Orange : porter de l'orange c’est avoir envie de liberté, d’éprouver le besoin de séduire., l’envie de créer : c’est la couleur des créatifs. L’orange aide à se forger sa propre opinion, à stimuler sa libido et sa spontanéité.
Le Rouge : défatigue, surtout physiquement et stimule la circulation sanguine. Le rouge augmente la confiance en soi et permet de prendre les choses en mains. Une couleur que l’on recommande pour les examens ou les épreuves sportives. Il aide à apprécier la vie matérielle : il est le symbole du plaisir de vivre.

LA TEINTURE VÉGÉTALE
Parmi les teintures les plus anciennes, nous relevont, comme pour beaucoup de ce qui touche les Arts Textiles, des tissus teints chinois datant de 3000 av. J.-C. Vers 2000 av. J-C on note la présence de la garance et de l'indigo, en Inde et au Moyen Orient. Jusqu'au XIXème siècle, les colorants utilisés sont tout au plus une quinzaine, tous extraits de produits naturels et souvent d'origine végétale :
Le rouge est extrait de la racine rampante de la rubia tinctorum, le bleu provient de l'indigofera ou de l’isatis tinctoria, le jaune du reseda luteola, respectivement la garance, l’indigotier ou le pastel, la gaude. D’autres colorants sont d'origine animale comme la pourpre extraite d'un mollusque : le murex ou le carmin obtenu à partir d'un insecte la cochenille ou du kermès, d'autres sont d'origine minérale les ocres, le lapis-lazuli, ou encore organique comme les noirs de fumée et de charbon.
Les traces du « tissage au doigt » sont pleines d'incertitudes. On peut néanmoins dire, sans trop se tromper, qu'il est cousin germain du tressage. Teindre fibres, fils ou tissus avec des plantes est à la portée de chacun. C’est une activité enrichissante, agréable et peu onéreuse à réaliser. Certaines méthodes sont complexes, peu connues et souvent perdues.

Nous avons un projet, peut-être ambitieux mais plein d’espoir, dans le prolongement du Jardin Botannic Textile™ où nous cultivons déjà de nombreuses plantes tinctoriales, serait de cultiver en quantité suffisante garance, gaude et pastel, pour ensuite parvenir à en extraire des plantes les colorants selon les méthodes décrites au 18ème s. par Le Pileur d'Appligny ou Louis-Alexandre Dambourney.

Plus simplement, nous souhaitons aussi donner envie à chacun de se lancer dans la passionnante aventure de la teinture végétale, avec des recettes simples utilisant les végétaux qu’aisément on trouve en France.

Nous espérons vous sensibiliser et vous permettre de faire les premiers pas. Pour cela nous utilisons la laine, matière la plus simple à teindre. Les fibres d’origine végétale ne le sont pas moins mais réclament rigueur et préparation plus longue. La laine peut se teindre en toison, en fil ou en pièce. Bien qu'il y ait plusieurs méthodes de mordançage de la laine, nous utiliserons celles qui utilisent l'alun comme mordant. Mordancer consiste à préparer la matière au moyen de l’alun, qui aide la fibre à s’ouvrir afin de permettre aux matières colorantes de mieux y pénétrer, pour une meilleure coloration.

Matériel utile : marmites ou fait-tout émaillés, en inox ou en cuivre comme pour les confitures, quelques pots et bocaux en verre (par exemple 2l), bâtons de bois ou grandes spatules pour touiller dans les cuves ou extraire les écheveaux. En outre on aura besoin d’une balance précise, un ou plusieurs thermomètres, des gants de caoutchouc pour se protéger les mains (une crème pour la peau est un plus) et surtout un brûleur à gaz pour chauffer l'eau et les différentes préparations.

Préparation de la laine : la laine peut-être teinte en toison ou en écheveaux. Dans tous les cas elle doit être lavée et dégraissée pour que la toison abandonne son suint. Laver en eau claire, des racines de saponaire remplacerons avantageusement le savon, éviter de trop brasser. Ne pas faire bouillir si on lave à chaud : la laine feutre ! Laisser refroidir dans son bain et recommencer plusieurs fois l’opération si nécessaire. Pour faire sécher les écheveaux, essorez-les doucement sans les tordre. Mettre à sécher en les suspendant sur une barre (bois ou plastique), plombez-les si nécessaire avec des poids.

Mordançage : avant de teindre la laine il faut la mordancer, ce qui consiste à la traiter pour qu'elle prenne mieux la teinte. La matière doit être mouillée avant mordançage et avant teinture. Les produits utilisés pour le mordançage sont l'alun, les cristaux d'étain, le bichromate de potassium, le sulfate de fer ou de cuivre. Nous conseillons pour débuter, l'alun, incolore. Certaines plantes, permettent de ne pas mordancer, mais bien souvent le mordançage offrira une pureté plus grande du coloris. Plusieurs procédés existent, nous leurs préférons le mordançage avant teinture.

Méthode de mordançage 1 (alun) : dissoudre la quantité d'alun nécessaire (selon les recettes) dans 2,5 litres d'eau chaude, mélanger soigneusement à l'aide d'une spatule. Plongez-y la laine mouillée pour porter progressivement à 90°C. Faites cuire 1h durant, puis laissez refroidir dans le bain de mordant. Rincer avant teinture.

Méthode de mordançage 2 (alun + crème de tartre*) : dissoudre la quantité nécessaire de crème de tartre dans 1l d'eau bouillante, ajouter l'alun pour laisser bouillir quelques mn. Refroidir avec 2l d'eau froide, y plonger la laine mouillée et porter très lentement et progressivement à 90°C durant 60mn de mordançage à chaud.
Laisser refroidir dans son bain.
Pour certaines recettes il faut laisser reposer la laine mordancée 1 ou 2 nuits. Pour cela, on la retire du mordant, on la presse bien et on la conserve dans un linge, à l'abri de l'air.

*la crème de tartre = couleur plus vive et plus brillante
  • Quelques recettes pour 100g de laine :

  • JAUNE
    Pin sylvestre : il faut 750g de branches, 15g d'alun, on peut s’abstenir de mordancer.
    Couper les branches, puis 30 mn de cuisson. Mettre l'alun dans le bain, bien mélanger et ajouter la laine non mordancée pour 60 mn de cuisson à 90°C .
    Gaude : pour 300g de grappes de graines on ajoute 4g de crème de tartre et 12g d'alun. Mordancer la laine suivant la méthode 2 et conserver une nuit. Faire bouillir les grappes de graines pendant 3/4 d'heure, mettre la laine mordancée dans le bain en portant lentement à 90°C et laisser cuire 1 heure.

  • JAUNE-ORANGE
    Pelures d'oignons : avec 50g de pelures d'oignons, 15g d'alun, pas de mordant. Mettre la laine non mordancée avec les pelures d'oignons, laisser à 90°C 1h.

  • JAUNE TERNE
    Sureau : prendre 200g de feuilles tombées et 5g d'alun, pas de mordant. Cuire les feuilles pendant 1/2 h. Mettre la laine mordancée avec l'alun, dans le bain de teinture. Laisser cuire à 90°C 60 mn

  • BRUN-BRONZE
    Noix : avec 300g de feuilles tombées. Pas de mordant. Cuire les feuilles pendant 30mn. Y plonger la laine non mordancée pour 90mn à 90°C.
    Châtaigne : avec 750g de bogues vertes. Pas de mordant. Laisser cuire les bogues pendant 45mn, puis plonger la laine non mordancée dans le bain pour 60 mn à 90°C.

  • BEIGE-BRONZE
    Chêne : pour 250g de glands avec 3g de crème de tartre et 9g d'alun. Mordancer la laine suivant la méthode 2 pour laisser reposer 2 jours. Cuisson des glands durant 2h, puis plonger la laine mordancée dans le bain. Laisser mijoter pour 60 mn à 90°C .

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