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LE TISSAGE PRIMAIRE ou au DOIGT HISTORIQUE Ce tissage, que je qualifie de "primaire" dans le sens d'originel, on trouve bien un jeu de chaîne et trame, après avoir ourdi la chaîne, on pratique l'encroix : fils pairs d'un côté, fils impairs de l'autre côté de batons envergeures. Archéologiquement, il n'en subsiste aucune trace tangible, seule la mémoire de la transmission. Pas de métier, les bâtons en bois, matière putrescible, ont disparu avec leur auteur. Les traces du « tissage au doigt » sont donc pleines d'incertitudes. On peut néanmoins dire, sans trop se tromper, qu'il est cousin germain du tressage. Les traces les plus sûres en Europe sont des éléments de harnachement venus du XIXè siècle jusqu'à nous aujourd'hui. Le Grand Conservatoire de cette technique est malgré quelques vicissitudes, certainement le Canada, pour être plus précis : le QUÉBEC. En effet cette technique est connue là-bas sous le nom de « flèché ». Dans un texte de Marius BARBEAU (Mémoires S.R.C. de 1938) nous retrouvons : « La ceinture fléchée est surtout connue sous la forme ordinaire que l'on désigne aussi du nom de ceinture de l'Assomption, parce qu'on la tissait aux environs de cette cité pour la Compagnie de la Baie d'Hudson et pour les bourgeois de Beaver Hall, à Montréal. » Les témoignages du passée laissent croire que la ceinture fléchée existe dès les premiers temps de la colonie. La ceinture fléchée fait partie du costume des étudiants du Séminaire de Québec au XVIIè siècle. On apprend également que les coureurs des bois ne peuvent s'en dispenser, car en plus de leur procurer le confort nécessaire en gardant la chaleur au corps, elle leur est d'une grande utilité, elle sert à retenir autour de la taille les outils et les instruments de travail. Cette ceinture devait être très résistante, voire imperméable, cest pourquoi, parfois elle était paraffinée. Elle servait également d'ornement d'apparat pour les grandes fêtes. Bien que très coûteuse, la ceinture fléchée est utilisée et portée par tous du pauvre laborieux au riche bourgeois. Ces derniers exigent des ceintures de luxe, tissées serré et mesurant au moins 10 pouces de large soit environ 27cm. Le cur de la ceinture est généralement rouge de chaque côté des motifs de flèches ou de flammes. Le dessin des motifs varient à l'infini et à volonté, suivant le rythme de tissage. On tisse principalementdurant les mois d'hiver. Les ouvrières doivent en tisser un grand nombre tant la demande des marchands-négociants est importante. Conséquente également la demande des particuliers de Montréal. Les ouvrières travaillent du matin au soir, voire tard dans la nuit pour recommencer au matin. Le frangeage est fait par le chef de famille et par les enfants. La tradition artisanale se transmet de mère à enfants ou petits enfants. Toujours Marius BARBEAU dans « La ceinture fléchée » (éditions paysana- 1945) écrit les ceintures les plus anciennes remontent aux environ de 17OO, qu'elles sont faites « de fil de soie, de calmande, de fesandine, de ferrandine ou de crespont ». On se servait également de laine naturellle bien retordue de la filature PATON de Sherbrooke. Les couleurs étaient issues de la teinture végétale, on utilisait le rouge, le bleu foncé, le bleu clair, le vert, le jaune et le blanc. Matériel nécessaire - fil de laine bien retordu, ou fil de coton, de soie (fil de laine recommmandé pour le débutant) - deux baguettes de bois, en guise de baton envergeure, - ficelle ou papier collant, - des attaches circulaires solides (drisse coton par exemple) qui serviront à la fixation de la chaîne,, - une paire de ciseaux, - un mètre ruban, - un crochet ou piton bien fixé au mur à la hauteur de la tête Ourdissage - Montage - Photos Cette opération consiste à calculer le nombre de fils nécessaire pour chaque couleur : - répartir les couleurs selon l'ordre du modèle retenu, - mesurer chaque longueur de fil de laine nécessaire, respectivement pour chaque couleur, - attacher et lier tous les fils solidement de façon à pouvoir suspendre le travail au mur pour que l'ensemble puisse supporter la tension nécessaire. Mesurer les longueurs de fil nécessaire - définir et connaître la longueur de l'ouvrage fini, - ajouter la longueur des franges si nécessaire, - ajouter 1/3 du total de la mesure pour la perte due au tissage EXEMPLE : longueur finie 150cm longueur des 2 franges 25x2 = 50cm Total = 200cm perte due au tissage 1/3 de 200 = 67cm longueur de fil à ourdir et couper = 267cm Ces mesures restent approximatives et varient selon la tension de l'ouvrage, la grosseur du fil utilisé. Montage et Tension - Photos 1- Entre deux points fixes A et B, mesurer les longueurs de fil désirées. 2- au premier point, A, attacher solidement tous les fils ensembles. Ils seront ensuite fixés au crochet du mur pour le tissage, 3- au deuxième point, B, c'est là que l'on coupera la mèche selon la longueur choisie, 4 - suspendre l'ouvrage au mur, 5- redisposer les couleur selon l'ordre choisi. OurdissagePhotos - laisser la longueur de fil désiree pour une frange, placer les baguettes d'envergeure horizontalement, l'une au-dessus de l'autre. Laisser 1cm entre les 2 baguettes. Attacher entre elles les baguettes au moyen de ficelle ou papier collant - placer les fils dessus/dessous les baguettes d'enverjure, les fils un par un, pair - impair, le premier fil sur la baguette 1 sous la baguette 2. le second fil sous la baguette 1 puis sur la baguette 2. Et ainsi de suite pour l'ensemble des fils. - une fois l'ensemble des fils passés, attacher les deux autres extrémités des baguettes d'envergeure, de manière à ce qu'elles ne bougent pas. - croiser de nouveau les fils dans l'ordre, en dessous des baguettes avec l'index droit, avant de commencer le tissage au doigt proprement dit. (les fils du dessous sur l'index, les fils du dessus sous l'index). Important : Retenir ce partage des fils avec une attache circulaire au-dessus, en faisant un nud coulant - entre les fils du dessous et les fils du dessous descendre avec la main le croisement des fils, - faire un nud avec tous les fils bien tirés également - mettre à ce nud une attache circulaire pour fixer le travail au sol, en lui donnant une certaine tension, pas trop rigide, - se placer à gauche de l'ouvrage (très important). TISSAGE AU DOIGT Après le montage et l'ourdissage, s'effectue le tissage proprement dit. Après avoir bien observé la position des mains, le tissage au doigt consiste à changer à chaque rang, la position des fils sur le fil de trame : les fils du dessus se placent sous l'index droit, et les fils de dessous se placent sur l'index droit alternativement. Position des mains - Photos - diviser le nombre de fils en deux, - insérer les index entre la croisée vers le centre, - poser les pouces sur les fils du dessus, - placer les autres doigts de la main droite en dessous, - ceux de la main gauche tiendront le fil de trame. STAGE |
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