Au l6e siècle, c'est un tableau mettant en scène un sujet terrestre, une portion de vue sur la campagne par exemple, à l'opposé d'un portrait ou d'une marine. Ce sens demeure encore bien vivant de nos jours, comme en témoignent les nombreux artistes et amateurs d'art qui plantent leur chevalet sur un site, dans une région. Puis vinrent les géographes de la fin du siècle dernier, qui ont progressivement défini un paysage comme une entité naturelle spécifique, ayant des caractéristiques propres : paysage de plaine, de vallée, de montagne, paysage de toundra, etc
C'était déjà une dénomination scientifique, une catégorie pour fins d'analyse.
Récemment, à la suite des progrès de l'écologie et de la géographie historique, le mot paysage a acquis le sens riche et englobant d'un système, c'est-à-dire d'un ensemble dynamique de relations entre les êtres vivants occupant un espace donné. Fondée sur la notion d'échanges multiples, tangibles ou intangibles, entre le milieu naturel et ceux qui l'occupent, cette définition du paysage inclut bien sûr la dimension historique des rapports.
L'essence d'un paysage est celle d'un système, d'une dynamique continue entre deux grands ordres : la nature et la culture. C'est aussi une dynamique étalée sur un temps long et qui produit, après la phase d'apprivoisement, une structure paysagère relativement solide, comprenant des continuités et des ruptures, des adaptations et des nouveautés.